Quand l’eau prépare le lieu avant nous
Quand l’eau prépare le lieu avant nous Le vivant savait avant moi En regardant les photos de la construction de la hutte, j’ai été sidérée. Sur le moment, je n’y avais vu que de la boue, trop d’eau, des bottes lourdes et un chantier compliqué. Même si j avais choisi de le vivre dans la joie de l’enfant intérieur qui s’amuse dans la boue. Nous avions même dû interrompre le travail, attendre que le soleil revienne. Et puis, en regardant cette image après coup, quelque chose s’est déplacé en moi. Ce que je prenais pour un empêchement était peut-être déjà une préparation. Comme si le vivant avait su avant moi. Ce qui me frappe d’abord, c’est que je n’ai rien cherché à créer. Je n’ai pas cherché à faire un placenta. Je n’ai fait que poser une intention, féminin, matriciel, contenant et la matière a répondu d’elle-même. Ce genre de correspondance, ce n’est pas mental. C’est du symbolique vivant. Dans l’image de la hutte, tout parlait déjà : • la terre gorgée d’eau • les nervures dessinées naturellement, sans main humaine • le centre plus dense, presque ombilical • la forme circulaire, close, protectrice Tout parle de matrice. Pas comme concept, mais comme fonction : un lieu qui nourrit, relie, fait passer, transforme. Ce qui est